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Le Forum de Davos, confronté à Trump, entre dans une nouvelle ère
information fournie par Reuters 16/01/2026 à 12:05

par Dave Graham

Les élites financière et politique se réuniront la semaine prochaine dans le cadre du Forum économique mondial (FEM) de Davos, en Suisse, dont la vision d'un ordre international fondé sur des règles claires est mise à rude épreuve par les décisions du président américain Donald Trump.

La venue attendue du locataire de la Maison blanche dans la station suisse devrait mettre en évidence le fossé entre son programme et l'approche fondée sur le consensus de l'organisation, critiquée de longue date comme un simple lieu de discussion entre riches.

La politique de Donald Trump donnant la priorité aux Etats-Unis ("America First") s'est traduite par un recours aux droits de douane comme moyen de coercition, à une intervention militaire au Venezuela, à la menace de prendre le contrôle du Groenland par la force ou encore à un retrait de Washington des accords de coopération en matière de climat et de santé.

L'administration Trump a également menacé le président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell de poursuites pénales, incitant de nombreux banquiers centraux de premier plan à publier une déclaration pour défendre le dirigeant et l'indépendance de leurs institutions.

Les organisateurs du FEM, dont la 56e édition aura pour thème central "Un esprit de dialogue", font valoir qu'il est essentiel, compte tenu de l'incertitude actuelle, de se réunir pour tracer une voie à suivre dans le monde des affaires et de la politique.

"Le dialogue n'est pas un luxe, c'est une nécessité", a déclaré Borge Brende, ancien ministre norvégien, président et directeur général du FEM.

Certains jugent toutefois que le forum est menacé d'obsolescence à l'heure où les États-Unis et la Chine mettent leur pouvoir au service de leurs intérêts nationaux.

"Qui va défendre l'ordre international fondé sur des règles ?", interroge Daniel Woker, ancien ambassadeur suisse et expert en relations étrangères.

"UN ÉVÉNEMENT QUI APPARTIENT AU PASSÉ"

"Pour être très franc, dans un système où chacun ne pense qu'à soi, il n'a aucune raison d'être. C'est un événement qui appartient au passé."

Les observateurs se demandent également si le Forum de Davos n'a pas perdu de son élan depuis que son fondateur Klaus Schwab, âgé de 87 ans, en a quitté la présidence en avril après une lettre d'un lanceur d'alerte l'accusant d'avoir mêlé ses affaires personnelles à celles de l'organisation.

En août, l'organisation basée à Genève l'a disculpé et a nommé le PDG de BlackRock BLK.N Larry Fink, ainsi que le vice-président de Roche ROG.S André Hoffmann, comme coprésidents par intérim de son conseil d'administration.

Le FEM a indiqué que plus de 3.000 délégués de plus de 130 pays seraient présents cette année, dont 64 chefs d'État et de gouvernement venant en particulier des économies émergentes.

Les sujets de discussion ne manqueront pas et couvriront des thèmes aussi divers que la façon dont Donald Trump applique la doctrine Monroe de 1823 - qui faisait du continent américain la zone d'influence exclusive des Américains - ou les conséquences de l'intelligence artificielle (IA) sur la marche du monde.

Lors des réunions d'information précédant l'événement, le FEM a affiché son optimisme face aux bouleversements mondiaux, soulignant la manière dont les entreprises tentent de s'adapter aux droits de douane américains - les plus élevés depuis la Grande Dépression -, ainsi que l'apaisement des tensions commerciales survenu fin 2025.

Une enquête de l'organisation auprès de cadres publiée la semaine dernière a toutefois mis en évidence une difficulté croissante à faire des affaires l'an passé, dressant également un tableau peu encourageant de la coopération en matière de paix et de sécurité.

DE NOMBREUX DIRIGEANTS DU SECTEUR PÉTROLIER

Alors que plusieurs dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, doivent assister à la réunion de Davos, la manière dont ils comptent répondre aux défis américains - notamment aux menaces de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland et aux attaques contre les projets européens visant à réglementer les entreprises technologiques américaines - seront au centre de l'attention.

Christy Hoffman, secrétaire générale d'UNI Global Union, qui représente 20 millions de travailleurs du secteur des services dans le monde, a pour sa part pressé les décideurs politiques de se pencher sur l'impact de l'IA et des nouvelles technologies sur l'emploi.

Selon Saadia Zahidi, membre du Comité exécutif du FEM, le forum tentera de déterminer si l'IA servira à renforcer les capacités humaines ou si elle annonce l'émergence d'une "ceinture de la rouille" ("Rust Belt") de cols blancs menacée par l'automatisation.

Le forum accueillera en outre cette année des hauts dirigeants du secteur pétrolier désireux d'entendre les déclarations de Donald Trump sur ses projets en matière d'énergie, qui les encouragent à forer pour extraire davantage de pétrole et de gaz tout en mettant de côté des alternatives renouvelables telles que l'éolien et le solaire.

Les dirigeants d'Exxon Mobil, de Shell, de TotalEnergies, d'Equinor et d'ENI sont tous attendus après une participation aléatoire ces dernières années, lorsque les acteurs du secteur pétrolier considéraient le FEM comme hostile aux énergies fossiles.

La délégation chinoise emmenée par le vice-Premier ministre He Lifeng sera quant à elle "importante", a déclaré Borge Brende.

(Reportage Dave Graham, avec Selena Li à Hong Kong, Emma Farge à Genève, Dmitry Zhdannikov et Mark John à Londres, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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